Pour compenser la flambée des prix qui étranglent les buralistes, le gouvernement promet de renforcer la lutte contre les ventes de tabac sur internet.
Entre les buralistes et les gouvernements, le torchon brûle depuis dix ans. On comprend pourquoi : au cours de cette période, le prix du tabac a progressé de plus de 100%. . Le ton est encore monté d’un cran ces dernières semaines lorsque Matignon a annoncé une nouvelle hausse de 30 centimes du paquet, un an après la précédente (+20 centimes). Les buralistes ont, en plus de celle-là, encaissé trois autres mauvaises nouvelles : la généralisation, à partir de 2016, des paquets neutres, l’alignements des taxes des cigares et cigarillos sur celles des cigarettes classiques, et la vente sur internet des timbres fiscaux pour les passeports.
400 millions d’euros de taxes perdues
Voilà pour l’ambiance. Les actes maintenant : quelques centaines de commerçants sont allés protester devant le sénat ce jeudi, trois jours après avoir mené une action symbolique à Tulle, fief électoral de François Hollande.
L’argument des buralistes est simple à comprendre : la hausse continue des prix du tabac n’a pas les effets escomptés sur le niveau de consommation qui tend à se stabiliser, mais alimentent les marchés parallèles, sur Internet notamment. Justement, à ce propos, le gouvernement, par la voix de son Secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert, souhaite sévir et sanctionner les fumeurs qui se rabattent sur les marchandises vendues illégalement en ligne, un commerce qui, rappelons-le, relève en France du monopole des buralistes (ce n’est pas le cas en Grande Bretagne, par exemple). L’enjeu est aussi économique pour l’Etat : la vente de tabac sous le manteau aurait fait perdre au fisc quelque 400 millions d’euros de recettes.
Les professionnels te leurs représentants demandent aussi une harmonisation des prix du tabac à l’échelle européenne afin de limiter les achats transfrontaliers.