Faudra-t-il reculer l’âge des droits ou baisser les pensions ? C’est tout l’enjeu des négociations qui débutent entre les partenaires sociaux sur l’avenir des retraites complémentaires.
La situation est-elle si grave ? Depuis plusieurs années, les gestionnaires des régimes de retraite complémentaires tirent la sonnette d’alarme et agitent le chiffon rouge de la faillite. En cause, le déséquilibre du système engendré par la hausse du nombre d’ayant-droits et la perte de financements liés à la crise et au chômage qui freine la rentrée des cotisations. Une véritable reprise économique serait la panacée. Mais les partenaires sociaux affirment ne pas avoir le temps d’attendre un retour de la croissance ou une improbable éclaircie sur le marché du travail français. Déjà, le niveau des pensions a été désindexé de l’inflation, mesure qui s’est traduite par une non-revalorisation en 2014.
Aligner les salaires hommes/femmes
La caisse des cadres (Agirc), qui traîne un déficit supérieur à 1 milliard d’euros, serait la plus menacée à court terme, avec un risque d’épuisement de ses réserves financières dès 2018. Or, c’est cette cagnotte, constituée à l’époque des années « fastes », qui permet aujourd’hui au régime de boucler son budget et de financer les pensions de plus de 4 millions d’assurés (12 millions en comptant les salariés relevant de l’Arrco).
Comment rétablir l’équilibre de comptes ? Le Medef a déjà égrené ses solutions : recul de l’âge légal à partir duquel la retraite complémentaire s’appliquerait (62 ans aujourd’hui, 63 ou 64 ans demain ?), mise en place de décotes temporaires ou définitives au détriment des actifs qui feraient valoir leurs droits avant l’âge requis (67 ans ?).
Pour la CGT, il faudra équilibrer les efforts, en augmentant le montant des cotisations et en alignant les salaires entre les hommes et les femmes.
La pension complémentaire représente 60 % de la retraite totale des cadres et un tiers de celle des non-cadres.