Le plan de Sarkozy pour augmenter les salaires

En redéployant plus de deux milliards d’euros de la Prime pour l’Emploi (PPE) vers le financement de la Sécurité Sociale, Nicolas Sarkozy espère augmenter « de 1 000 euros par an » les plus bas salaires perçus par quelque 7 millions de travailleurs français. Pour financer la mesure, le président -candidat prévoit notamment de durcir la fiscalité sur les dividendes.

L’Etat dispose de deux moyens pour augmenter les salaires du privé : donner un coup de pouce au SMIC et/ou abaisser les charges payées par les salariés. C’est ce deuxième levier que souhaite actionner Nicolas Sarkozy.

Son moyen pour y parvenir : supprimer la Prime pour l’Emploi (PPE) telle qu’elle existe aujourd’hui, à savoir un impôt négatif (argent restitué au contribuable) s’appliquant aux salariés qui perçoivent un faible salaire ou qui viennent de reprendre un emploi.

Cela représente, en moyenne, un complément de revenu annuel de 450 euros pour quelque 8 millions de travailleurs.

1 000 euros d’augmentation ?

Selon Nicolas Sarkozy, ce dispositif mis en place « il y a une dizaine d’années » (sous le gouvernement Jospin en 2001, NDLR), « ne marche pas » (sic). Il propose de le recycler sous la forme d’une exonération des cotisations sociales, celles qui pèsent aujourd’hui sur les plus bas salaires situés entre un et 1,2 SMIC (soit entre 1 200 € et 1 450 € net par mois).

Grâce à cette mesure, le chef de l’Etat espère dégager une hausse salariale d’environ « 1 000 euros par an » pour 7 à 8 millions de salariés, parmi les moins bien rémunérés.

Pour beaucoup d’analystes, cette annonce de Nicolas Sarkozy vient contrebalancer la réduction des charges concédées aux patrons dans le cadre de la mise en place de la TVA sociale, dispositif qui va entraîner, en contrepartie, une hausse de 1,6 point de l’impôt indirect assis sur la consommation dont s’acquittent tous les français.

Quel financement ?

Il n’était évidemment pas envisageable de répercuter, une nouvelle fois, la baisse des charges salariales sur le taux de la TVA : pour financer la mesure, Nicolas Sarkozy a annoncé un « redéploiement des 2,5 milliards d’euros de la PPE, assorti d’un alignement de la fiscalité des dividendes sur celle des revenus du travail ». L’objectif est de générer 4 milliards d’euros d’allègements de cotisations sociales.

Il s’agit de faire en sorte que le travail « soit davantage rémunéré que l’assistanat » et que « tout le monde soit encouragé à reprendre un travail » a martelé le président-candidat.

Il a aussi remis sur la table une proposition de l’UMP visant à imposer aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) sans emploi et sans formation de faire sept heures de travail d’intérêt général par semaine payées au SMIC.

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